Avec la DÉPRESSION, la perte de résilience au stress

On estime que 80% des premiers épisodes dépressifs sont précédés d’une expérience de stress élevé. Cette étude de l’Université Emory nous explique deux processus, la réponse cérébrale adaptative au stress et son absence chez les personnes souffrant de dépression. En identifiant un nouveau biomarqueur de la résilience au stress chronique, en démontrant que ce biomarqueur est largement absent en cas de trouble dépressif majeur, ces travaux, publiés dans la revue Nature Communications, contribuent à expliquer pourquoi les personnes dépressives sont également …pessimistes.

 

La dépression qui touche 16 à 20 % de la population des pays riche -au moins une fois au cours de la vie- est un mal du siècle. C’est aussi, avec la pandémie de COVID-19, une priorité conjoncturelle de santé publique. On estime qu’avec la crise sanitaire, 40% de la population pourraient souffrir de dépression, un taux, qui selon ces experts, n’a pas fini d’augmenter.

Le glutamate dans le cortex préfrontal médial permet l’adaptation au stress

Dépression et absence de résilience au stress : on sait depuis longtemps que le stress est un facteur de risque majeur de dépression. « À bien des égards, la dépression est un trouble lié au stress », explique l’auteur qui ajoute : « On estime que 80% des premiers épisodes dépressifs sont précédés d’une expérience de stress élevé ».  Si le lien entre le stress et la dépression est clairement établi, les mécanismes sous-jacents ne le sont pas. De précédentes expériences chez la souris ont montré une association entre la réponse du glutamate – le principal neurotransmetteur excitateur dans le cerveau des mammifères – et le stress.

 

L’étude : les chercheurs d’Atlanta utilisent l’imagerie cérébrale pour identifier les différences dans le neurotransmetteur glutamate dans le cortex préfrontal médial avant et après que les participants aient effectué des tâches stressantes. Ces participants ont ensuite été suivis durant 4 semaines, afin d’évaluer régulièrement la façon dont les participants percevaient leur vie et leurs activités au quotidien.

 

L’étude est la première à montrer, à partir de l’imagerie et des évaluations, que les niveaux de glutamate dans le cortex préfrontal médial humain s’adaptent après une nouvelle expérience stressante. L’auteur principal, le Dr Michael Treadway, professeur de psychologie, de psychiatrie et de sciences du comportement à l’Université d’Emory précise ici que

cette « accoutumance » est considérablement modifiée chez les patients souffrant de dépression.

L’étude est ici menée auprès de 88 participants atteints de dépression vs exempts de tout trouble de santé mentale. Les participants ont été interrogés sur le stress récent perçu dans leur vie puis ont passé un scanner. Durant l’examen, les participants étaient invités à exécuter 2 tâches stressantes en alternance : plonger leur main jusqu’au poignet dans de l’eau glacée et compter à rebours du nombre 2.043 par tranches de 17 alors qu’un animateur évaluait leur précision. Les scintigraphies cérébrales avant et après l’exécution des tâches, facteurs de stress aigu ont permis de mesurer les niveaux de glutamate dans le cortex préfrontal médian, une zone du cerveau impliquée dans la réflexion sur soi-même et ses attentes, dans la vie. De précédentes recherches ont également suggéré l’implication de cette zone dans la régulation de la réponse adaptative au stress.

Enfin, l’analyse d’échantillons de salive a permis de mesurer les niveaux de stress des participants au cours de ces expériences. Ces expériences révèlent que :

 

chez les témoins en bonne santé, le changement du glutamate en réponse au stress dans le cortex préfrontal médian est prédit par les niveaux de stress perçu récemment ;
les témoins en bonne santé ayant de faibles des niveaux de stress montrent une augmentation du glutamate en réponse au stress aigu ;
les témoins en bonne santé ayant des niveaux de stress plus élevés montrent une réponse réduite du glutamate au stress aigu ;

cette réponse adaptative est absente chez les patients atteints de dépression.

 

« La diminution de la réponse du glutamate au fil du temps semble est un marqueur, d’une saine adaptation au stress », expliquent les chercheurs. En revanche, lorsque les niveaux restent élevés, c’est un signal d’une inadaptation de la réponse au stress.

 

Changements de glutamate trop importants et pessimisme général : le suivi des participants durant 4 semaines montre que les changements de glutamate, plus élevés que prévu en fonction du niveau de stress perçu, prédisent un pessimisme accru, ce qui est l’une des caractéristiques de la dépression.

 

En résumé, ces travaux montrent que la réponse neuronale au stress est liée à ce que nous vivons au quotidien, mais que nous avons, hors dépression, et via les niveaux de glutamate, une forte capacité d’accoutumance et de résilience.

Équipe de rédaction Santélog

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