DÉPRESSION : Vers un score de risque génétique

La dépression affecte 1 personne sur 5 au cours de sa vie. Cette large étude pangénomique de l’Université de Yale qui tente ici de démêler toute la complexité génétique de la dépression majeure, non seulement confirme sa forte composante génétique mais identifie aussi 178 variantes génétiques et leurs fonctions dans le développement de la maladie. Ces données, publiées dans la revue Nature Neuroscience, constituent également des marqueurs en puissance qui pourraient permettre d’identifier les personnes les plus à risque de dépression et d’adapter les traitements de manière mieux personnalisée.

 

La dépression est un trouble génétiquement complexe caractérisé par des combinaisons de nombreuses variantes génétiques différentes. L’autre auteur principal, le Dr Joel Gelernter, professeur de psychiatrie à Yale, professeur de génétique et de neurosciences suggère qu’en dépit du grand nombre de variations déjà identifiées avec cette étude,

« il reste peut-être encore des centaines voire des milliers de mutations de vulnérabilité à découvrir ! ».

Il s’agit de l’analyse des dossiers médicaux et les génomes de plus de 300.000 participants au programme V.A.’s Million Veteran (MVP), l’une des banques de données génétiques et médicales les plus importantes au monde. Ces données ont été combinées à celles des dossiers génétiques et de santé de 1,2 million de participants de la UK Biobank recoupées avec les données de 1,3 million de clients de la société d’étude génétique 23andMe. Ces 2 derniers ensembles de données ont permis de valider les variantes génétiques liées à la dépression. Celles-ci se sont en effet répliquées avec une signification statistique pour la plupart des marqueurs testés, précise l’auteur principal, le Dr Daniel Levey, chercheur au département de psychiatrie de Yale : « Cela confirme à quel point les résultats des études GWAS (Genome Wide Association Study) sont fiables et stables ».

 

Vers un score de risque génétique : l’identification de ces 178 variantes génétiques va aider les cliniciens à développer des scores de risque pour identifier les personnes les plus à risque de dépression majeure mais aussi d’autres troubles psychiatriques connexes tels que l’anxiété ou le syndrome de stress post-traumatique (SSPT).

 

Vers de meilleurs traitements : ces travaux apportent également une meilleure compréhension de la biologie sous-jacente de la dépression : par exemple, le variant NEGR1 impliqué dans la dépression est un régulateur de croissance neurale actif dans l’hypothalamus, une zone du cerveau précédemment liée à la dépression. Ces nouvelles connaissances désignent de nouvelles cibles thérapeutiques. Les données sur les fonctions des variantes peuvent également aider à identifier de nombreux médicaments prometteurs dans le traitement de la dépression : ainsi, le riluzole, indiqué le traitement de la sclérose latérale amyotrophique module la transmission du glutamate dans le cerveau, or plusieurs des variantes génétiques identifiées dans l’étude affectent le système glutamate, un système ciblé par de nouvelles recherches de traitements antidépresseurs.

 

Des données fondamentales donc, mais utilisables à terme en clinique, pour la détection du risque et le traitement personnalisé de la dépression.

Équipe de rédaction Santélog

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