HYPERTENSION : Ces antihypertenseurs qui protègent la cognition

Certains médicaments hypotenseurs s’avèrent également liés à une moindre perte de la mémoire et à une meilleure santé cognitive chez les personnes âgées, révèle cette étude de l’Université de Californie, Irvine. L’équipe précise ici les classes d’antihypertenseurs les plus bénéfiques pour la mémoire et confirme un risque de déclin cognitif moindre avec les hypotenseurs connus pour traverser la barrière hémato-encéphalique. Ces nouvelles données, publiées dans la revue Hypertension, ont des implications thérapeutiques importantes pour les patients plus âgés.

 

L’hypertension artérielle (HTA) est en soi un facteur de risque de déclin cognitif et de démence chez les personnes âgées. Elle survient des décennies avant l’apparition des symptômes de la démence, affectant le flux sanguin non seulement dans le corps mais dans le cerveau. Le traitement de l’hypertension pourrait donc avoir des effets bénéfiques à long terme sur la santé du cerveau et dur la cognition. Enfin, la prévalence de l’HTA croît partout dans le monde, atteignant près de la moitié des adultes aux Etats-Unis, il est donc essentiel de cerner les effets de ses traitements sur la santé cérébrale.  

 

Les chercheurs rappellent les recommandations en matière de pression artérielle : la pression artérielle est considérée comme élevée au-delà de 120/80 mm Hg. Les directives actuelles de l’American Heart Association/American College of Cardiology pour le traitement de l’hypertension artérielle suggèrent des modifications du régime alimentaire et une augmentation de la pratique de l’exercice pour abaisser la tension artérielle et l’ajout de médicaments hypotenseurs pour les personnes ayant des niveaux >130/80 mm Hg ou plus en fonction de leur risque. Une tension artérielle >140/90 mm Hg nécessite en général un traitement antihypertenseur .

De plus en plus d’études lient la santé cérébrovasculaire et la santé cognitive et mentale.

Ainsi, de récentes études ont montré le lien entre l’HTA et la dépression, avec des effets possibles sur les symptômes dépressifs, de certains antihypertenseurs.

 

Certaines études ont déjà regardé quels étaient les médicaments les plus bénéfiques pour la cognition, rappelle l’auteur principal, le Dr Daniel A. Nation, professeur agrégé de sciences psychologiques à l’Institute for Memory Impairments and Neurological Disorders de l’Université de Californie. , Irvine. « Des études sur les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II et les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (ECA) ont suggéré que ces médicaments pourraient apporter aussi des avantages à la cognition à long terme, tandis que d’autres études ont plutôt mis en avant les avantages des inhibiteurs calciques et des diurétiques sur la réduction du risque de démence ».

 

Quels sont les hypotenseurs les plus bénéfiques pour la cognition ?

Il s’agit de l’analyse d’un essai clinique à grande échelle, « Sprint Mind », qui a regardé les effets des différentes classes d’anti-hypertenseurs, dont les inhibiteurs de l’ECA (enzyme de conversion de l’angiotensine), les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II (ARA), les inhibiteurs calciques et les diurétiques sur la santé cognitive. Cette méta-analyse de 14 études portant sur près de 12.900 adultes âgés de 50 ans et plus est la première à comparer l’impact possible dans le temps des médicaments hypotenseurs sur plusieurs domaines cognitifs, notamment l’attention, le langage, la mémoire verbale, l’apprentissage et le rappel. L’analyse montre que :

 

chaque classe agit d’une manière différente pour réduire la tension artérielle, et certaines traversent la barrière hémato-encéphalique, affectant ainsi, de manière spécifique, la fonction cognitive ;
certains médicaments hypotenseurs pourraient réduire d’environ 19% l’incidence des déficiences cognitives légères ;
les hypotenseurs qui traversent la barrière hémato-encéphalique sont en effet associés une meilleure mémoire jusqu’à 3 ans de suivi par rapport aux médicaments qui ne traversent pas la barrière hémato-encéphalique, en particulier chez les participants présentant le niveau plus élevé de risque vasculaire ;
mais les participants prenant des médicaments contre l’hypertension qui ne traversent pas la barrière hémato-encéphalique ont une meilleure attention après 3 ans de suivi ;
en pratique, les inhibiteurs de l’ECA à pénétration cérébrale et les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine sont associés à une meilleure mémoire.

 

« Ainsi, les patients traités pour l’hypertension peuvent être simultanément protégés du déclin cognitif s’ils recçoivent des médicaments qui traversent la barrière hémato-encéphalique »,

conclut, le co-auteur, le Dr Jean K. Ho, chercheur également à l’Université de Californie, Irvine.

Équipe de rédaction Santélog

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