La DÉPRESSION chez l’enfant laisse des marques à vie

Cette recherche est particulièrement d’actualité après la crise sanitaire et ses effets sévères sur la santé mentale des plus jeunes, d’autant qu’il existe très peu de données sur les conséquences à vie de la dépression chez l’Enfant. Cette étude de cohorte, menée sur une durée de suivi de 20 ans, établit un lien certain entre la dépression infantile et des résultats de santé et un comportement dégradés à l’âge adulte, soit tout au long de la vie. Les conclusions, publiées dans le Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry, sensibilisent à l’importance de détecter, de prendre et compte et de soutenir l’enfant atteint de dépression sur toute la période de transition vers l’âge adulte.

 

Car la dépression précoce n’est pas toujours « prise au sérieux », pourtant ses associations sont démontrées ici comme fortes et durables avec les problèmes de santé et des troubles du comportement à l’âge adulte. La dépression infantile est même un facteur de risque indépendant de ces problèmes de santé mentale plus tard dans la vie, car ces associations subsistent fortement, même après prise en compte des expositions précoces de l’enfant à l’adversité.

La dépression chez l’enfant compromet toute sa trajectoire de vie

La dépression chez les jeunes, âgés de 10 à 24 ans, s’avère à la fois une cause majeure de stress et un facteur de risque possible de maladies et de déficiences futures. A l’âge adulte, elle apparaît corrélée à des niveaux plus élevés d’anxiété, aux troubles de l’utilisation de substances, à une détérioration des résultats de santé et du fonctionnement social, à moins de réussite scolaire, professionnelle et financière et scolaire ainsi qu’à « une criminalité accrue ».

 

Le programme d’étude « Great Smoky Mountains Study », débuté en 1993, suit ainsi la santé et l’évolution de 1.420 participants. L’auteur principal, le Dr William Copeland, professeur au Département de psychiatrie de l’Université du Vermont (Virginie) rappelle que :

« 1 enfant sur 12 environ souffre de dépression à un moment donné entre les âges de 9 et 16 ans,

les filles étant plus susceptibles d’être affectées par ces symptômes dépressifs ». Selon l’expert, la dépression serait un défi commun de l’enfance, qui, malheureusement, passe souvent inaperçu y compris pour les parents, les enseignants et les pédiatres.

Les enfants de l’étude ont été évalués pour les symptômes de dépression par entretiens en présence de l’un de leurs parents jusqu’à 8 fois entre les âges de 9 et 16 ans. Les participants ont ensuite été suivis et évalués jusqu’à 4 fois à l’âge adulte, à 19, 21, 25 et 30 ans pour la santé mentale et les résultats de santé, les revenus, les comportements et résultats sociaux. L’analyse montre que :

 

un diagnostic de dépression dans l’enfance est associé à la dégradation de toute une série d’indicateurs de bien-être à l’âge adulte ;
les liens entre la dépression précoce et les mauvais résultats chez les adultes persistent même après prise en compte des expositions précoces à des difficultés telles qu’un faible statut socio-économique, des problèmes familiaux, une maltraitance etc…
les liens entre la dépression précoce et les mauvais résultats chez les adultes s’avèrent plus forts pour les enfants qui présentaient des niveaux élevés de symptômes dépressifs au cours de l’enfance de manière chronique ;
ainsi, une humeur dépressive persistante, en particulier, est associée aux pires résultats à long terme chez l’adulte ;
les participants qui sont devenus déprimés plus tardivement à l’adolescence s’en sont en fait moins bien sortis à long terme que ceux qui avaient déjà eu de premiers épisodes de dépression à l’enfance, ce qui constitue un résultat surprenant ;

 

Des traitements efficaces existent pourtant, pour aider les enfants souffrant de dépression. Mais la réalité est que la majorité des enfants souffrant de dépression ne reçoivent aucun traitement et doivent faire face à ce défi par eux-mêmes. Ainsi, dans l’étude, les enfants qui ont reçu un soutien en santé mentale « s’en sont mieux sortis » à l’âge adulte même s’ils ont tout de même présenté certains troubles comme l’usage de substances. Cependant, ces données soutiennent l’importance d’un traitement rapide et efficace, ainsi que d’un soutien continu pendant la période de transition vers l’âge adulte.

Le message est là :

la dépression infantile ne doit pas être négligée,

surtout lorsque les symptômes persistent sur de longues périodes.

« Lorsque nous examinons le fardeau de la dépression infantile du point de vue de la santé publique, il devient clair que nous devons faire mieux pour atténuer les facteurs de risque lorsque cela est possible, avec de meilleurs processus de dépistage et de prévention et des traitements fondés sur des preuves ».

Source: Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry May, 2021 DOI : 10.1016/j.jaac.2020.07.895 Associations of Childhood and Adolescent Depression With Adult Psychiatric and Functional Outcomes

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Équipe de rédaction Santélog

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