MIGRAINE : Ils décryptent ses facteurs épigénétiques

Cette étude australienne menée auprès de « vrais » jumeaux (monozygotes) est la première à révéler des facteurs de risque génétiques pour la migraine, mais aussi pour le syndrome de stress post-traumatique, confirmant ainsi une vulnérabilité « familiale » pour ces 2 conditions. 2 conditions qui coexistent souvent, sans que jusque-là les scientifiques aient pu expliquer cette concommitance. Ces données, présentées dans la revue Frontiers in Neuroscience, suggèrent en clair une base génétique commune.

 

En menant cette étude auprès de jumeaux, chez des « paires » dont l’un des jumeaux est atteint de SSPT ou de migraine, et l’autre non, l’équipe de la Queensland University of Technology révèle que des gènes communs ou plutôt des modifications épigénétiques communes peuvent jouer un rôle dans le développement de ces deux conditions. Ces gènes contribuent donc à expliquer pourquoi ces conditions coexistent fréquemment mais désignent également de nouvelles cibles de traitement.

À jumeaux identiques, facteurs de risque épigénétiques spécifiques

Le SSPT est un trouble psychiatrique qui survient généralement après une expérience traumatisante, comme un événement mettant la vie en danger. La plupart des gens vivront ce type d’événement à un moment donné de leur vie, mais la grande majorité ne développera pas de SSPT. L’objectif est donc de comprendre pourquoi. Les personnes atteintes de SSPT sont également plus susceptibles de souffrir de migraines, ce qui suggère des facteurs de risque communs pour ces conditions. Aucune étude n’avait cherché à comprendre ce lien auparavant. Cette étude suggère que nos gènes pourraient détenir la réponse ou plutôt certaines modifications épigénétiques.

 

L’épigénétique fait référence à l’influence de notre environnement sur la façon dont nos gènes sont exprimés et implique généralement des modifications biochimiques de l’ADN. Des jumeaux identiques ont exactement les mêmes gènes, mais ils vivent des expériences différentes qui peuvent entraîner des modifications épigénétiques différents. En clair, certains gènes peuvent être plus ou moins fortement exprimés chez chacun des jumeaux.

 

Quels gènes montrent une expression altérée ? C’est la question que se sont posée les scientifiques, qui ont analysé des échantillons de sang de 6 paires de jumeaux dont l’un vivait avec le SSPT et 15 paires de jumeaux dont l’un souffrait de migraines. Les prélèvements sanguins ont été analysés pour détecter les changements épigénétiques associés au SSPT ou à la migraine.

 

Des découvertes passionnantes : l‘analyse révèle que :

 

certains gènes sont affectés de la même manière dans le SSPT et la migraine, suggérant que ces 2 conditions peuvent partager certains facteurs de risque environnementaux ;
ce qui pourrait expliquer pourquoi le SSPT et la migraine peuvent coexister fréquemment
ces gènes et les modifications épigénétiques identifiés pourraient constituer la base de nouveaux traitements : les changements épigénétiques offrent une excellente cible médicamenteuse, car ils peuvent souvent être inversés.

 

« Ces résultats ont des implications pour le développement de nouveaux traitements innovants », concluent les chercheurs, « qui ciblent simultanément les symptômes de ces troubles ».

Source: Frontiers in Neuroscience 22 June 2021 DOI : 10.3389/fnins.2021.678350 Using Monozygotic Twins to Dissect Common Genes in Posttraumatic Stress Disorder and Migraine

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Équipe de rédaction Santélog

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