POLLUTION et GROSSESSE : Un risque d’obésité pour le bébé

Cette équipe de l’Université du Colorado à Boulder confirme que l’exposition de la mère durant la grossesse à des niveaux élevés de pollution de l’air induit le risque de trop forte croissance pour le bébé au cours des premiers mois de vie, avec également un excès de graisse associé à un risque accru d’obésité et de troubles métaboliques plus tard dans la vie. Ces données, publiées dans la revue Environmental Health et issues de couples mère-enfant hispaniques, suggère ainsi que la mauvaise qualité de l’air peut expliquer au moins en partie l’épidémie d’obésité chez ces minorités plus fortement exposées aux polluants toxiques.

 

Aux Etats-Unis, les minorités hispaniques sont fortement touchées par le surpoids, une personne d’origine hispanique sur 4 est obèse.

 

L’exposition in utero à la pollution a déjà été associé à un risque accru de troubles cardiaques et d’hypertension, de troubles de la santé mentale, de points de Q.I. en moins, de réduction possible d’espérance de vie, d’anomalies congénitales, cette étude se concentre sur le risque d’obésité et de troubles métaboliques.

 

« Les taux plus élevés d’obésité parmi certains groupes de population ne sont pas uniquement le résultat de choix personnels de mode de vie comme la pratique de l’exercice et les calories consommées et dépensées », rappelle l’auteur principal Tanya Alderete, professeur de kinésithérapie. D’autres facteurs environnementaux peuvent intervenir :

Une question de « charge environnementale »

De précédentes études ont montré que les femmes enceintes qui fument ou sont exposées de façon chronique à la pollution de l’air ont tendance à avoir des bébés à plus petit poids de naissance. Au cours de la première année de vie, ces bébés ont tendance se développer plus rapidement pour rattraper leur retard de croissance et ils prennent du poids plus rapidement. Or la prise de poids accélérée au début de la vie est liée au risque de diabète, de maladies cardiaques et de surpoids pendant l’enfance et l’adolescence.

 

Une fenêtre critique de développement et de vulnérabilité aux expositions indésirables : les chercheurs rappellent cette vulnérabilité à la petite enfance, durant laquelle des facteurs environnementaux peuvent prédisposer le nourrisson à « une foule de problèmes plus tard dans la vie ».

Pour examiner de plus près l’impact de certains polluants sur la trajectoire de croissance d’un bébé, les chercheurs ont suivi 123 paires mère-enfant de la Mother’s Milk Study. Les chercheurs ont utilisé les données du système de qualité de l’air de l’Environmental Protection Agency et quantifié pour chaque paire mère-enfant l’exposition prénatale à 4 types de polluants : PM2,5, PM10, dioxyde d’azote et ozone. Les bébés ont été suivis pour le poids, la taille et la graisse corporelle. L’analyse montre que :

 

une exposition plus forte à la pollution de l’air ambiant prénatale est associée à des changements plus importants de poids et d’adiposité, ou de graisse corporelle, au cours des 6 premiers mois de vie ;
les polluants semblent avoir un impact différent selon le sexe de l’enfant : l’exposition à une combinaison d’ozone et de dioxyde d’azote in utero est ainsi associée à une croissance plus rapide de la taille des filles, alors que chez les garçons, elle apparaît associée à une croissance plus lente et à une plus grande accumulation de graisse abdominale. Or on sait que chez l’adulte, l’excès de graisse abdominale est lié aux maladies cardiaques et au diabète.

 

Quel processus ? Comment l’inhalation ou l’exposition aux polluants peut-elle avoir un impact sur le modèle de croissance de l’enfant à naître? Les auteurs font l’hypothèse que les polluants peuvent enflammer les poumons ce qui provoque une inflammation systémique des organes, affectant les processus métaboliques, tels que la sensibilité à l’insuline, ce qui peut également impacter le développement du fœtus. Il a également été démontré que les polluants ont un impact sur l’expression des gènes chez les nourrissons,

avec des impacts tout au long de la vie et même transgénérationnels.

Un essai plus large et mieux représentatif de la population générale doit encore confirmer ces résultats, mais il est clair que les minorités supportent un fardeau plus élevé de pollution et sont plus fortement touchés par ces toxines de l’environnement. Les auteurs citent une étude de 2018 qui révèle ainsi un niveau d’exposition jusqu’à 1,5 fois plus élevé aux polluants atmosphériques chez ces groupes de population.

 

Enfin, ces résultats devraient inciter les femmes enceintes à prendre toutes les mesures possibles pour échapper tant que possible à ces expositions durant leur grossesse et les premières années de vie de l’enfant, mais ce n’est pas toujours possible…

Équipe de rédaction Santélog

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